accueil du site SYSAAF

Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français

Accueil Présentation Services Partenariat Information Adhérents Liens Accès FAQ

 

Cryoconservation de la laitance
Empreintes génétiques
Fécondation artificielle
Monosexe femelle
OGM
Paramètres génétiques
Sélection
Triploïdes

Cryoconservation de la laitance :
Il est opportun de préserver nos ressources génétiques que ce soit pour conserver des génotypes originaux, sécuriser sanitairement les productions ou améliorer l'efficacité de la sélection et de la diffusion des génotypes améliorés. Chez les espèces aquacoles, la congélation du sperme est récente (Maisse et al., 1998). Elle est réalisée suivant les mêmes principes techniques que chez l'Homme ou les autres animaux domestiques et de premières cryobanques se constituent.

Empreintes génétiques :
Avec le progrès de la génétique moléculaire, il est possible d'identifier l'auteur d'un délit ou une filiation à partir d'un fragment de peau, de cheveux ou de sperme. Cette technologie est aussi utilisée chez la plupart des animaux domestiques pour le contrôle de filiation ou la traçabilité de l'élevage à l'assiette du consommateur. Chez les espèces aquacoles, qui ne peuvent pas être marquées à l'éclosion du fait de leur très petite taille (quelques millimètres), cette analyse génétique effectuée à partir d'un prélèvement de nageoire ou de sang permet d'identifier un individu et de lui assigner ses parents pour éviter des croisements consanguins.

Fécondation artificielle :
La plupart des espèces aquacoles libèrent leurs gamètes dans l'eau. Pour celles qui ne peuvent le faire en élevage (saumon, truite, turbot, poissons chat) ou les autres, la maîtrise des accouplements dans des objectifs de gestion génétique et de sélection suppose le recours à la fécondation artificielle. En pratique cette opération est réalisée après anesthésie en collectant les ovules et le sperme, par légère pression abdominale, dans des récipients adaptés, les gamètes étant soit recouvertes d'un dilueur de fécondation soit d'eau au ratio généralement de 2-3 ml de laitance pour 1 litre d'ovules.

Monosexe femelle :
En productions animales, les mâles sont généralement préférés pour leurs aptitudes bouchères (croissance et développement des filets) et les femelles pour leurs aptitudes maternelles (lait, œuf). La spécialisation de lignées " mâles " ou " femelles " conduit cependant à l'élevage de sujets de sexe non désiré de qualité ou d'aptitude moins adaptées (veau de boucherie de race laitière coq de lignée de pondeuse). Chez les poissons, la maturation sexuelle altère fortement la qualité de la chair avec une chute de la teneur en lipides et une baisse de la pigmentation (Breton et al., 1996). Comme chez les Reptiles et les Batraciens, et en fonction des espèces, il est possible d'orienter le sexe des reproducteurs en appliquant précocement au moment de l'éclosion certains facteurs environnementaux comme la température (tilapia, bar, hiramé), la dominance sociale chez les espèces hermaphrodites (daurade, mérou) ou des hormones mimant les effets physiologiques naturels (carpe, poisson chat, salmonidés). Chez les salmonidés par exemple, les mâles se reproduisant 1 an avant les femelles, l'élevage de femelles permet aux éleveurs d'atteindre les poids commerciaux demandés par les consommateurs et de vendre leur produit avant qu'il ne mature. Ce traitement est réalisé uniquement sur les futurs reproducteurs et sous contrôle vétérinaire (Directive 96/22/CEE du 29 avril 1996), les animaux traités ne pouvant être mis sur le marché et devant être détruits.

OGM :
Les OGM sont des organismes dans lesquels un ou des fragments d'ADN ont été insérés dans leur génome (Directive 90/220/CEE du 23 avril 1990). Les aquaculteurs européens regroupés dans la FEAP (Fédération Européenne des Producteurs Aquacoles ) refusent l'élevage de ces génotypes et préfèrent l'utilisation de méthodes d'améliorations génétique reconnues comme naturelles (sélection, polyploïdisation, etc.).

Paramètres génétiques :
Pratiquement tous les caractères comportent une part de variabilité due au patrimoine génétique héréditaire, l'autre part étant essentiellement dû aux effets environnementaux (bassin, cage, ferme, année) . Les paramètres génétiques renseignent sur la part de la performance d'un parent pour un caractère qui sera transmise à ses descendants (héritabilité) et sur la relation entre l'amélioration de ce caractère et les autres caractères (corrélation génétique). La connaissance des paramètres génétiques est essentielle pour la mise en œuvre de programmes de sélection efficaces.

Sélection :
La sélection consiste à choisir à chaque génération les reproducteurs les plus aptes à transmettre à leur descendance une amélioration attendue par la filière (Sellier 2000). Cette méthodologie est indissociablement liée à l'Histoire de notre société avec par exemple le choix d'animaux mieux adaptés aux conditions d'élevage et plus productifs (quantité de lait, performances de croissance, lignées maigres). Après les caractères quantitatifs (croissance, quantité de lait) puis les caractères qualitatifs (rendements de découpe, teneur de la chair en lipides), les sélectionneurs introduisent aujourd'hui des caractères visant à permettre un développement harmonieux des systèmes fonctionnels (locomotion, circulation, respiration) et des résistances à divers pathogènes. La sélection des espèces aquacoles est récente. Les technologies d'aujourd'hui (statistiques, informatique, biologie moléculaire) doivent permettre une domestication plus rapide des animaux et une meilleure adaptation aux attentes des consommateurs en termes de prix et de qualité.

Triploïdes :
Classiquement, le patrimoine génétique d'un individu est composé pour moitié de celui hérité de sa mère et pour l'autre moitié de celui hérité de son père. L'homme possède ainsi 46 chromosomes dont 23 proviennent de sa mère et 23 de son père. Il est dit diploïde (2n = 43 ; n = 26) :

(1) Dans la nature cette propriété biologique présente des variations. Ainsi, les champignons sont des organismes haploïdes (n) tout comme les abeilles mâles. Des populations de fourmis ou de grenouilles peuvent contenir une part non négligeable d'individus triploïdes (3n), certaines espèces de poissons étant même naturellement triploïdes.


(2) L'augmentation de ploïdie par saltation (2n, 4n, 6n, 8n) constitue un des mécanismes de l'Evolution des Espèces et que ce soit chez les végétaux ou les animaux. Il est ainsi possible de retracer la création naturelle de nouvelles espèces en suivant l'augmentation de leur nombre de chromosomes (Rosacées, Esturgeons, etc.).


(3) La polyploïdisation étant observé dans la nature, les polyploïdes ne sont pas considérés comme des OGM (Directive 90/220/CEE du 23 avril 1990, annexe 1, 2ème partie ).


(4) La polyploïdisation spontanée des végétaux, leur conférant des organes plus développés, a été utilisée dès les premiers stades de l'agriculture pour améliorer les récoltes et aujourd'hui la plupart des végétaux que nous consommons sont polyploïdes (GNIS) : triploïdes (pomme, betterave à sucre, banane, mandarine, citron vert, pamplemousse), tétraploïdes (orge, pommes de terre, blé dur (semoule et pâtes), tabac, poireau, cerise griotte, arachide, café arabica, coton, ray-grass, dactyles, fétuques, luzerne, trèfle violet), hexaploïde (blé tendre (panification, aliment du bétail), ail à grosse tête, kiwi, prune), octoploïdes (fraises) ou aneuploïdes (canne à sucre). Quand ils sont diploïdes (chou-fleur, riz, tabac, asperge, piment), ils résultent généralement de la production d'haploïdes doublés par gynogenèse ou androgenèse.


(5) Chez les animaux, les travaux du milieu du siècle ont montré que la polyploïdisation existait aussi (Breton et al., 1996 ). Elle a d'abord était maîtrisée dans un objectif agricole chez les poissons et les huîtres, de récents travaux étant aussi conduits chez les Crustacés. Les poissons 3n sont produits en conservant les deux lots de chromosomes de la mère par un traitement thermique (2° C ou supérieur à 26°) ou hyperbare (650 bars) appliqué quelques minutes après la fécondation. Les mollusques 3n sont produits soit à partir d'un traitement chimique avec une enzyme de champignon, la cytochalasine B, soit comme chez certains végétaux par croisement entre un mâle 4n et une femelle 2n. Les poissons 3n femelles sont totalement stériles et leur élevage est développé pour éviter les baisses de qualité de la chair chez la truite, alors même que ce génotype pousse 20 % moins vite que les mâles diploïdes. Les autorités australiennes soutiennent l'élevage de l'huître plate 3n plus résistante à un pathogène analogue au Bonamia qui avait décimé les populations européennes d'huître plate dans les années 1960-1970. 15 % de la production française d'huître creuse est aujourd'hui réalisée à partir d'huîtres 3n. Ces dernière, stériles, ne sont pas laiteuses en été et présentent alors une qualité supérieure.


(6) L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail  (ANSES) a rendu un avis le 23 novembre 2001 indiquant que le caractère polyploïde des huîtres ne constitue pas en soi un facteur de risque sanitaire.


(7) Divers organismes internationaux proposent que les poissons et les mollusques d'élevages soient triploïdisés afin de limiter les perturbations génétiques des populations sauvages lors d'échappements incontrôlés : le NASCO, le Conseil International pour l'Exploitation de la Mer, la FAO.

 

Haut

 

  nous contacter