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Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français

Triploïdes

Classiquement, le patrimoine génétique d'un individu est composé pour moitié de celui hérité de sa mère et pour l'autre moitié de celui hérité de son père. L'homme possède ainsi 46 chromosomes dont 23 proviennent de sa mère et 23 de son père. Il est dit diploïde (2n = 43 ; n = 26) :

(1) Dans la nature cette propriété biologique présente des variations. Ainsi, les champignons sont des organismes haploïdes (n) tout comme les abeilles mâles. Des populations de fourmis ou de grenouilles peuvent contenir une part non négligeable d'individus triploïdes (3n), certaines espèces de poissons étant même naturellement triploïdes.

(2) L'augmentation de ploïdie par saltation (2n, 4n, 6n, 8n) constitue un des mécanismes de l'Evolution des Espèces et que ce soit chez les végétaux ou les animaux. Il est ainsi possible de retracer la création naturelle de nouvelles espèces en suivant l'augmentation de leur nombre de chromosomes (Rosacées, Esturgeons, etc.).

(3) La polyploïdisation étant observé dans la nature, les polyploïdes ne sont pas considérés comme des OGM (Directive 90/220/CEE du 23 avril 1990, annexe 1, 2ème partie ).

(4) La polyploïdisation spontanée des végétaux, leur conférant des organes plus développés, a été utilisée dès les premiers stades de l'agriculture pour améliorer les récoltes et aujourd'hui la plupart des végétaux que nous consommons sont polyploïdes (GNIS) : triploïdes (pomme, betterave à sucre, banane, mandarine, citron vert, pamplemousse), tétraploïdes (orge, pommes de terre, blé dur (semoule et pâtes), tabac, poireau, cerise griotte, arachide, café arabica, coton, ray-grass, dactyles, fétuques, luzerne, trèfle violet), hexaploïde (blé tendre (panification, aliment du bétail), ail à grosse tête, kiwi, prune), octoploïdes (fraises) ou aneuploïdes (canne à sucre). Quand ils sont diploïdes (chou-fleur, riz, tabac, asperge, piment), ils résultent généralement de la production d'haploïdes doublés par gynogenèse ou androgenèse.

(5) Chez les animaux, les travaux du milieu du siècle ont montré que la polyploïdisation existait aussi (Breton et al., 1996 ). Elle a d'abord était maîtrisée dans un objectif agricole chez les poissons et les huîtres, de récents travaux étant aussi conduits chez les Crustacés. Les poissons 3n sont produits en conservant les deux lots de chromosomes de la mère par un traitement thermique (2° C ou supérieur à 26°) ou hyperbare (650 bars) appliqué quelques minutes après la fécondation. Les mollusques 3n sont produits soit à partir d'un traitement chimique avec une enzyme de champignon, la cytochalasine B, soit comme chez certains végétaux par croisement entre un mâle 4n et une femelle 2n. Les poissons 3n femelles sont totalement stériles et leur élevage est développé pour éviter les baisses de qualité de la chair chez la truite, alors même que ce génotype pousse 20 % moins vite que les mâles diploïdes. Les autorités australiennes soutiennent l'élevage de l'huître plate 3n plus résistante à un pathogène analogue au Bonamia qui avait décimé les populations européennes d'huître plate dans les années 1960-1970. 15 % de la production française d'huître creuse est aujourd'hui réalisée à partir d'huîtres 3n. Ces dernière, stériles, ne sont pas laiteuses en été et présentent alors une qualité supérieure.

(6) L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail  (ANSES) a rendu un avis le 23 novembre 2001 indiquant que le caractère polyploïde des huîtres ne constitue pas en soi un facteur de risque sanitaire.

(7) Divers organismes internationaux proposent que les poissons et les mollusques d'élevages soient triploïdisés afin de limiter les perturbations génétiques des populations sauvages lors d'échappements incontrôlés : le NASCO, le Conseil International pour l'Exploitation de la Mer, la FAO.

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